est aussi du discours indirect, et, par conséquent, polyphonique, qu'il est dirigé vers un autre, fût-ce l'observateur et qu'il est ainsi marqué d'une dimension interactive. Cela ne veut pas dire pour autant que l'acteur-émetteur n'a aucune responsabilité
quant à son dire, mais que justement il faut décrire comment le langage construit sa responsabilité dans le langage, ce qui ne signifie pas pour autant sa responsabilité dans l'action. De même, l'acteur-émetteur n'invente pas le lexique ou les formes syntaxiques de son discours ou de son texte tout en étant «libre» ou «maître» de son discours : l'activité langagière est un incessant travail du
sujet sur le langage, un incessant travail sur l'intertextualité, sur la mémoire sociale que représente le langage. Là encore, décrire ce travail de l'activité langagière, c'est en même temps voir comment le langage présente ainsi des «traces» d'une problématisation déjà ancienne du monde naturel ou social ou comment il renouvelle cette problématisation.
Ainsi, nous ne rejetons pas a priori les fonctionnements langagiers qui ont été tour à tour présentés dans les divers travaux interdisciplinaires vus jusqu'ici ; ils mettent en évidence de manière exclusive des opérations langagières : opération représentative, opération expressive, opération interactive, opération subjective, opération intertextuelle, opération constitutive du monde naturel et social si l'on s'intéresse notamment aux actes de discours. Mais nous n'accordons à ces
opérations linguistiques aucune valeur ou qualité sociologique a priori. Encore faut-il voir comment ces opérations peuvent se relier aux autres opérations contenues dans l'activité ou l'action sociale, aux autres dimensions de l'action sociale, et qualifier les opérations linguistiques par rapport à elles.
Si l'on admet que l'action sociale est constituée, entre autres, de cinq dimensions - épistémologique, éthique, esthétique, politique, et praxéologique - les opérations langagières peuvent être des opérations cognitives ou représentatives légitimant ou informant l'action sociale, les opérations langagières analysées par les interactionnistes renvoyant plus précisément quant à elles à la dimension