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Dans les deux cas, les outils linguistiques nous paraissent pertinents sans pour autant que nous soyons obligée d'adopter la théorie sociale à la lumière de laquelle le chercheur a interprété ses résultats. Le raisonnement interprétatif, quoi qu'en pense l'observateur, reste de l'ordre inductif, et dans la mesure où la validation de l'interprétation n'est pas effectuée, il reste indécidable : il est

possible et facile d'induire d'autres propositions. C'est la raison pour laquelle nous plaidons pour une autonomisation méthodologique de la description linguistique, renvoyant cette description à une interprétation (théorie) strictement linguistique, et non à une théorie sociale ou psychologique, par

exemple. Dans le passage de la linguistique structurale aux théories de l'énonciation, les chercheurs ont voulu, à juste titre, réintroduire les usages de la langue. Or, en éclairant leurs observations linguistiques avec des théories sociales ou psychologiques, ils oublient que l'usage du langage nécessite

alors deux plans d'observation complètement différents : l'analyse du «niveau neutre», qui correspond à l'analyse de la matérialité produite par les usages des acteurs, et le niveau poïétique ou esthésique, qui a une nature de processus et qui nécessite, dirons-nous, des enquêtes spécifiques.

Ces différents niveaux viennent de ce que le langage, comme le dit J. Molino, connaît deux formes d'existence, une existence matérielle, que constituent les «réalisations linguistiques» et une existence sociale, que constituent les actes d'énonciation et de réception.

On pourrait alors se demander pourquoi ne pas simplement se diviser le travail, l'analyse du niveau neutre aux linguistes, l'analyse de la poïésis et de l'esthésis aux chercheurs sociologues, psychologues ou littéraires ? Pourquoi vouloir à tout prix réaliser un travail interdisciplinaire en quelque sorte ? La réponse, à notre avis, est simple pour le sociologue : c'est que, lorsque nous

travaillons sur la production-émission-création de données langagières, ou sur leur réception, nous pratiquons dans tous les cas une analyse de contenu qui, quelle que soit la formalisation qu'elle donne au travail comparatif et statistique, repose toujours sur une «première lecture» de ces données.

علم اللغة الاجتماعي · الصفحة ٥١

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