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linguistique. De l'autre côté, Labov utilise l'équivalence qu'établissent bien des sociologues entre

seuils statistiques et différences sociales, en substantialisant des résultats qui peuvent recevoir une meilleure approximation dans une approche relationnelle : dans quelles activités ces jeunes Noirs ont-ils des comportements linguistiques aussi différenciés ? Les a-t-on suivis dans d'autres activités ? Comme nous le voyons, ce que nous remettons en question dans ces exemples c'est la

substantialisation des acteurs ou de leurs comportements. C'est au-delà, de la tentation d'une économie de moyens par le recours à l'autre discipline pour tenter de valider et de légitimer des affirmations qui n'ont pas été suffisamment construites dans le cadre de la discipline propre. La sociolinguistique peut devenir et devient une voie pertinente dans la mesure où elle définit bien le

rôle de l'une ou l'autre discipline dans la construction disciplinaire, dans la mesure où il ne s'agit pas d'un recours mais d'une nécessité liée à la nature des phénomènes étudiés.

On peut s'interroger cependant sur ce devenir de la sociolinguistique. Elisabeth Bautier, linguiste de profession, se prononce plutôt pour une sociologie du langage, avec l'argumentation suivante :

Il n'y a sans doute pas de facteur isolable, linguistique, cognitif, social ... déterminant des différences observables et des difficultés de certains. Il y a des interactions entre ces différents domaines et ce sont ces interactions qui construisent les médiations par lesquelles certaines caractéristiques socio-culturelles deviennent porteuses d'aisance ou de difficultés. On ne se situe

donc pas dans la recherche d'une relation causale directe mais dans la description d'un ensemble de «rapports à» : rapports au savoir, au langage, à l'école, à soi, aux autres. Ce n'est pas tel ou tel manque linguistique qui joue un rôle négatif mais des pratiques langagières en ce qu'elles renvoient à des relations entre des réalisations linguistiques, des tâches, des situations,

l'interprétation des enjeux, des intentions, des usages, en ce qu'elles sont donc des pratiques sociales en rapport avec d'autres pratiques sociales non verbales. (Bautier, 1995, p. 40 - 41.)

علم اللغة الاجتماعي · الصفحة ٤٧

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