résulte d'une construction et de choix qu'il faut interroger et qui n'établissent pas une autonomisation de cette observation par rapport aux hypothèses sociologiques préalablement élaborées : «Les caractères figurant dans la définition des codes sont à la fois sociologiques, linguistiques, et psychologiques : ce terme ne désigne pas un ordre de fait proprement et exclusivement linguistique, mais les principes inspirant les formes d'usage du langage.» (Chamboredon, dans Bernstein, 1975, p. 16.) C'est ainsi que, comme Chamboredon l'affirme à juste
titre, «c'est parce qu'il pose l'existence de règles d'expression relativement stables que B. Bernstein a pu obtenir des productions linguistiques conformes à ces règles dans une situation de type expérimental (pour les mères comme pour les enfants).» (Ibid., p. 17.)
Cette conception hypothétique a orienté l'auteur vers une observation des réalisations linguistiques des élèves qui nous paraît largement réductrice : celle qui met en scène la fonction d'expression, si bien que le langage est vu comme un instrument de codage et de décodage de l'expression en question. Or cette théorie est moins une théorie linguistique qu'une théorie de l'information,
comme le note d'ailleurs le commentateur : «Selon une analogie suggérée par la théorie de l'information, B. Bernstein a subsumé sous le concept de code les multiples déterminations que la condition de classe exerce sur les modes de pensée et d'expression - pour préciser ensuite qu'il s'agissait de modes de codage différents plutôt que des codes distincts.» (Chamboredon, dans Bernstein,
3. Voir Bernstein (1975), chapitre 3, «Codes linguistiques, phénomènes d'hésitation et intelligence».1975, p. 16.) Le langage apparaît ainsi comme le médium de la régulation que le groupe exerce sur l'expression et qui devient «un révélateur des démarches de la pensée», des «opérations logiques
et styles cognitifs» (ibid., p. 10) qui, en fin de compte, permet d'expliquer le rapport des enfants à l'école et aux formes d'exercices qui s'y déroulent.
Or cette démarche présente plusieurs difficultés. La première réside dans le fait que l'on admet en quelque sorte une correspondance entre les performances