L'origine sociale
On parle de variation sociolectale lorsque c'est l'origine sociale
(l'appartenance à tel ou tel milieu socioculturel) qui est en cause. On parlera
par exemple du " parler populaire " ou du parler pédant " petit-bourgeois "
Exemple 1: le décumul du relatif. " C'est la personne que je t'ai parlé d'elle "
au lieu de " C'est la personne dont je t'ai parlé ". Le français populaire ne
souscrit pas au système complexe du relatif en français normé qui comporte
toute une série de morphèmes (dont, où, lequel, auquel, duquel, etc.) qui ont
pour caractéristique le cumul de deux fonctionnements grammaticaux : outil
de subordination (introduisant une proposition relative) et pronom (donc
substitut), comme dans " Voilà la personne dont je t'ai parlé ". A cette
construction, le français populaire (considéré comme fautif) préfère une
construction à deux éléments correspondant aux deux fonctionnements
grammaticaux distincts : " C'est la personne que je t'ai parlé d'elle ". Si bien
que le morphème " que " devient omniprésent en français populaire, dansles
phrases avec relative. " C'est une ville qu'il fait bon y vivre ", " Vous verrez un
panneau qui fait marqué dessus de tourner à gauche "
Exemple 2 : articulation emphatique. " Je suis allé à un collloque sur le
sonnnet en Hollllande avec quelques collllègues ... ".
Exemple 3 : prononciation de tous les liaisons (comme pour marquer la
connaissance qu'a le locuteur de l'orthographe, donc son appartenance à une
culture) ; mais qui peut donner " J'en suis bien t'aise " sans doute inspiré par la
forme valorisée " j'en suis fort aise "
Exemple 4 : hypercorrection fautive " Voilà la façon dont nous pensons que
la culture doive évoluer ", par utilisation excessive d'une forme de prestige (le
subjonctif).