affaires (pour chichis ou histoires), une fois, etc.), certains accents, etc.
permettent d'associer tel locuteur à telle ou telle zone géographique.
L'âge
L'appartenance à une certaine génération d'usagers de la langue est
également un facteur de diversification. Il y a en quelque sorte coexistence
de plusieurs synchronies. Par ex. le " français des jeunes " ou le " parler
jeune " (accentué dans le " parler jeune des cités ").
Exemple 1: la troncation. Les jeunes utilisent de nombreuses apocopes
(" deg " pour dégueulasse), et plus fréquemment encore des aphérèses (" leur "
pour contrôleur, " zic " pour musique).
Exemple 2 : la verlanisation (parler verlan, à l'envers) fréquente chez les
jeunes (" meuf " pour femme, " keum " pour mec, " reum " pour mère, etc.
Exemple 3 : prédilection pour certaines suffixations, comme " -os " (les
musicos, ou même les " zicos ").
Exemple 4 : néologismes à connotation argotique ; certaines créations
métaphoriques ne manquant d'ailleurs pas de piquant : " airbags " pour seins ou
poitrine, " cagoule " pour préservatif, etc.
Le sexe
Plusieurs auteurs ont noté l'asymétrie homme/femme face à la langue.
Labov, par ex. a observé que " les femmes, plus sensibles que les hommes aux
modèles de prestige, utilisent moins de formes linguistiques stigmatisées,
considérées comme fautives, en discours surveillé " En réalité, Labov constate
une sorte de paradoxe : " les femmes emploient les formes les plus neuves
dans leur discours familier, mais se corrigent pour passer à l'autre extrême
dès qu'elles passent au discours surveillé ". Ultérieurement, Labov revient
toutefois sur cette première interprétation du conformisme linguistique des
femmes : " il est possible d'interpréter le conformisme linguistique des
femmes comme étant le reflet de leur plus grande responsabilité dans
l'ascension sociale de leurs enfants " (Labov, 1998, p.32).