Les familles à haut niveau socioculturel, à bon équilibre affectif se
caractérisent par une incitation fréquente à l'élocution, une
attention détendue aux erreurs, une attitude éducative ni hypo- ni
hyper-corrective. Inversement, dans des familles à équilibre
affectif perturbé ou à niveau socioculturel faible, ou bien l'enfant
n'est pas sollicité, ou bien il est inhibé par les comportements de ses
parents, que ces comportements soient ceux :
(a) de leur communication extérieure (avec les voisins, les
collègues de travail, collègues de loisir, les notables, etc.),
empreinte de soumission et de crainte, ou, à l'inverse, d'attitudes
compensatoires (grossièreté, intensité vocale, etc.)
(b) de leur communication familiale, empreinte d'interdits, de
tabous, etc. " Tais-toi ! " " Ta gueule " " Les enfants doivent se
taire et écouter les grandes personnes " " Excusez-le, il ne sait pas
ce qu'il dit " (voir Moscatto & Wittwer, 1981, p. 100)
9.3 Les sources de variations linguistiques
L'observation de modes spécifiques d'usage du langage selon les
communautés linguistiques conduit à identifier au moins cinq sources de
variation: l'origine géographique, l'âge, le sexe, l'origine sociale, les contextes
d'utilisation du langage.
L'origine géographique
L'origine géographique (le plus souvent en relation avec l'appartenance soit
au milieu urbain soit au milieu rural) est un élément de différenciation
sociolinguistique, souvent très repérable, et aussi souvent matière à cliché.
Certaines prononciations (ex. septante-huit, auto, manger, poulet), certains
mots (savoir/pouvoir " Je ne sais plus marcher", " on ne sait pas savoir si le
chômage va diminuer ", souper, bonsoir, tantôt, kermesse, loque, farde),
certaines constructions grammaticales (" Le Beaujolais, j'y aime " pour " Le
Beaujolais, j'aime ça! " au lieu de " Le Beaujolais, je l'aime " ; " On était rendu
en moins d'une heure "), certaines expressions (koter, avoir dur, faire des