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mettrait en place un mode particulier d'usage du langage. Ce genre d'études a

suscité un intérêt croissant pour les échanges enfant-entourage à un âge de

plus en plus précoce, de façon à préciser les racines préverbales du langage,

et donc éventuellement les premiers mécanismes responsables des variations

observées.

Dans une recherche de Nelson (1973) par exemple (voir Reuchlin, 1987, p.

279 - 280), 18 enfants sont suivis individuellement de 1 an à 2 ans 6 mois. On

enregistre mensuellement, à domicile, des échanges entre mère et enfant. On

constate à plusieurs égards des différences individuelles stables dans les

modalités d'acquisition du langage. Pour une majorité (10/18) des enfants,

qualifiés de " référentiels ", le vocabulaire comporte une large proportion de

noms d'objets et quelques verbes, noms propres et adjectifs. Pour une

importante minorité (8/18) d'enfants, qualifiés de " expressifs ", les

vocabulaires sont plus diversifiés (pronoms, mots fonctionnels), avec un grand

nombre de formules sociales de routine, telles que " Va-t-en ", " Je le veux ",

" Non, ne fais pas ça ! ", " Arrête ça ". Il semble que les enfants

" référentiels " apprennent d'abord à parler des choses, tandis que les

" expressifs " apprennent d'abord à parler d'eux-mêmes et des autres

personnes .

Cette observation de Nelson, confirmée et étendue par de nombreuses

autres études, témoigne de ce qu'on a appelé des " styles d'acquisition "

différents. Ces études montrent aussi que le fait d'avoir " choisi " un style

d'acquisition ou un autre n'a plus guère de conséquence linguistique vers 30

mois ; autrement dit, le même objectif est atteint par des voies différentes.

Toutefois, certains auteurs soutiennent l'idée que ce choix est associé à

d'autres choix intervenant sur d'autres plans plus tard dans le développement

علم اللغة الاجتماعي · الصفحة ٢٣

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