(Lafont, 1983, p.11).
En contestant la validité d'un structuralisme réducteur (qui ne s'intéresse
qu'à la langue proprement dite, envisagée comme système homogène), la
sociolinguistique invite à un autre regard sur le langage, ouvrant la porte à " un
structuralisme de la diversité, de la variation " qui sont des dimensions
incontournables de la parole (Boyer, 2001, p.11).
9.2 L'analyse des différences sociales de langage.
Comme le rappelle Espéret (1987, p.330 - 343), on peut distinguer trois
grandes approches dans l'analyse des différences sociales de langage :
(a) l'étude des différences d'aptitude verbale entre milieux sociaux .
(b) l'étude des différences sociales dans les processus de construction
et de fonctionnement du langage.
(c) l'étude de langages spécifiques à divers groupes sociaux.
Il y a bien sûr des interactions entre les questions dont traitent ces diverses
approches . Toutefois, seule la troisième approche nous semble véritablement
correspondre au " core business " de la sociolinguistique, les deux autres
relevant davantage d'une Psychologie différentielle du langage (raison pour
laquelle nous ne ferons ici qu'en esquisser la problématique générale).
Différences d'aptitude verbale
Il s'agit des différences d'aptitude ou de capacité verbale que mettent en
évidence des épreuves psychométriques standardisées (ou tests verbaux) tels
que le Peabody Picture Vocabulary Test, l'Illinois Test of Psycholinguistic
Abilities, ou la partie verbale de la Weschler Intelligence Scale for Children.
Ces épreuves visent à établir et à comparer les scores moyens de différents
groupes sociaux dans des épreuves qui testent la maîtrise d'une grande variété
de niveaux de traitement linguistique (phonologique, lexical, syntaxique,
sémantique).
La relation marquée des scores verbaux avec le niveau socio-économique a