de linguistique générale de Ferdinand de Saussure " (Boyer, 2001, p.7), et on
peut dater cette naissance au début des années 1960 (on notera que cela
correspond à la naissance de la Pragmatique, voir ci-dessus)
Nous avons vu qu'avec F. de Saussure, la linguistique générale a gagné son
autonomie en tant que science spécifique. Elle n'y est toutefois parvenue qu'au
prix d'un réductionnisme considérable, ne s'intéressant qu'au fonctionnement de
la " langue " (envisagée comme un système de signes) et abandonnant l'étude de
la " parole " aux psychologues, aux philosophes ou aux sociologues. Avant que
n'apparaissent les premiers travaux de la Pragmatique, cette linguistique a
exclu de son étude les situations réelles d'échanges verbaux. Nous avons vu
combien cette linguistique a sur-simplifié la question de la signification ou du
sens, en la subordonnant aux explications du fonctionnement de la langue.
Jusqu'il y a à peine 35 ans, tout semble s'être passé comme s'il fallait
clairement dissocier l'étude du fonctionnement des éléments linguistiques de
l'étude des fonctions du langage. Cette priorité accordée à la langue (plutôt qu'à
la parole), ou à la compétence (plutôt qu'à la performance) ira même jusqu'à
engendrer un curieux personnage, générique, mais inexistant : le
" locuteur/auditeur idéal ".
" La dichotomie saussurienne entre langue et parole renvoie la
variabilité hors des limites du système, seul descriptible, seul digne
de l'attention du linguiste. Le champ du sujet parlant et de la
modification permanente des usages est reconnu existant, mais c'est
un champ hors les murs. La science [= la linguistique " proprement "
dite] fonde son objet en s'abstrayant du réel non homogène . . . "