langage, qui constituent en quelque sorte son " core business ". A ce sujet, elle
entend tout d'abord décrire le plus objectivement possible ces variations et
identifier leurs sources principales; ce qu'elle fait à partir de l'observation de
différences langagières liées à l'âge, au sexe, à la classe sociale, etc. Au-delà de
cette description, elle ambitionne également de proposer un cadre théorique
permettant d'analyser la relation langage - pratiques sociales (familiales,
scolaires, professionnelles, etc.) et d'expliquer le fonctionnement social du
langage; dans cette perspective, elle est aussi amenée à identifier les processus
qui interviennent dans la genèse de ces différences langagières.
" Les rapports existant entre langage et société relèvent d'abord
de la simple observation : le discours de l'ouvrier présente des
différences linguistiques repérables avec celui de l'ingénieur ; il en va
de même des discours comparés du paysan et du citadin, du prêtre et
du forain, etc. " (Moscatto & Wittwer, 1981, p.98)
(b) La sociolinguistique s'intéresse par ailleurs aux multiples questions que
posent les contacts de langues au sein de sociétés plurilingues : ces questions
concernent par exemple la nature conflictuelle de tels contacts, les
représentations et les attitudes susceptibles de peser sur le fonctionnement
social plurilingue, l'émergence de systèmes linguistiques hybrides (pidgins,
créoles), la mort des langues, la gestion politique de la diversité linguistique,
etc.
" La pérennité, et hélas la violence des conflits linguistiques
montrent combien le linguistique et le social interfèrent " (Ibidem, p.
98)
Dans ce chapitre dont le seul but est d'esquisser la problématique du
fonctionnement social du langage, nous n'aborderons toutefois que le premier
champ d'investigation : celui des variations sociales du langage.
Racines et berceau de la sociolinguistique :
La sociolinguistique " a émergé de la critique salutaire d'une certaine
linguistique structurale enfermée dans une interprétation doctrinaire du Cours